Ville historique, puis capitale administrative et politique de laRépublique du Bénin, Ajacé/Xọgbonú/Porto-Novo constitueun point de départ intéressant pour engager la discussion autour des trajectoires urbaines des villes historiques d’Afrique de l’Ouest.À partir d’un travail de terrain à Xọgbonú, les anciens quartiersde la ville, cet ouvrage analyse les formes spatiales associéesà la notion d’espace public et la manière dont ces dernièresse transforment en interaction avec des pratiques, des discours, des normes. Pour ce faire, la ville est appréhendée àpartir de l’intérieur, des attachements et valeurs qui importentet font sens ici et maintenant. À Xọgbonú, la ville se penseet s’organise depuis le coeur de ses maisons familiales. Cen’est qu’en franchissant les grands portails de ces maisons, enécoutant les récits de fondation des collectivités, que se donne à lire l’ordonnance du monde des lignages et la capacité des humains et des non-humains à vivre ensemble.Au fil des enquêtes, la notion de matière urbaine s’épaissit: elle inclut aussi bien des connexions, des divinités, des histoires, des parentèles … Une telle approche révèle des rapports de continuité et de discontinuité autres que ceux suggérés par la proximité spatiale; des rapports qui engagent à dépasser les limites conventionnelles du quartier, du tissu historique ainsi que de la ville administrative.D’un point de vue méthodologique, une attention particulièreest accordée aux nouvelles formes de contamination entreles outils propres aux architectes et urbanistes (le dessind’architecture, etc.) et ceux qui relèvent d’autres champsdisciplinaires tels que la géographie, les sciences sociales…C’est notamment par le biais de ces explorations méthodologiques que cet ouvrage défie le concept moderne de ville et dépasse les oppositions binaires qui l’accompagnent (public/ privé, sacré/profane).