Sont proposéesici les deux dernières séances que Deleuze a dispensées à Vincennes avant letransfert brutal de l’université à Saint-Denis. Elles ont ceci de particulierque Deleuze s’y propose de revenir sur le parcours qui a conduit de L’Anti-Œdipeà Mille plateaux. Le motif qui anime cette brève traversée est celuides lignes de vie. Après être revenu sur les notions de processus, de délire etde flux, et sur certaines critiques adressées à la psychanalyse dans L’Anti-Œdipe,Deleuze montre comment nos vies se distribuent à travers différentes lignes :lignes dures qui nous segmentent, lignes souples traversées de grandes cassureset de petites fêlures qui nous transforment, lignes de fuite créatrices quiintensifient nos existences ou qui peuvent tourner en lignes d’abolition, commec’est le cas dans le fascisme. La question est alors : comment favoriser des processusen faveur de la vie ? Et avec quel langage peut-on saisir ces événementsqui composent nos vies ? Est-ce en plongeant dans l’intimité profonde du « Je» ou bien en accédant à un « Il » impersonnel, mais d’autant plus singulier ?On découvre alors que ce que ces questions mettent en jeu, c’est une éthique devie.