Sto?cisme et bouddhisme présentent d'apparentes similitudes, en particulier dans la pratique d'exercices spirituels. Faute de s'?tre prémuni d'une interprétation ? l'aune de catégories qui ne sont pas les siennes, le regard occidental sur le bouddhisme en fit souvent une philosophie nihiliste et pessimiste. En outre, les milieux académiques francophones consid?rent que le sto?cisme a disparu irrémédiablement au IIIe si?cle. Certaines similitudes sont doctrinales : les notions d'impermanence et d'interdépendance, le Logos et le Dharma. Eudémonistes, ils proposent tous deux une voie vers la sagesse par l'usage des vertus et l'éradication de l'ignorance. Le bouddhisme se distingue par sa dimension sotériologique, l'Éveil, au-del? de toute conceptualisation. Leur éthique est pragmatique, intentionnaliste et casuiste. Doué d'une remarquable capacité de diffusion, le bouddhisme progresse en Occident sous des formes nouvelles, comme le bouddhisme socialement engagé. Parall?lement, des formes actualisées du sto?cisme ont cours dans les pays anglophones. Sous leurs formes actuelles, sto?cisme et bouddhisme se présentent comme des forces de proposition face aux nouveaux défis de l'humanité.