Silhouette surgie du paysage, Fisch débarque à Palerme pour rendre visite à « L'Annunciata » d'Antonello da Messina dont il sait qu'elle est exposée au Palazzo Abatellis. Avec ce portrait peint sans modèle au XVe siècle, il engage un dialogue qui devient son seul ancrage. Toutes amarres larguées, bientôt détroussé de tout (argent, identité) par de petits voyous locaux, le voilà intégralement disponible à la vie, aux rencontres, bonnes et mauvaises. Épopée modeste et néanmoins sicilienne, "Peindre salé" raconte une tentative formelle : celle, dans le roman comme dans la vie de Fisch, d'une économie de la langue et de l'être qui serait à la fois libre, solidaire et joyeuse. Mais aussi d'un retour à la peinture qui s'affranchirait de l'histoire de l'art.