Dans un monde obsédé par la froideur et l'efficacité, je porte en moi une braise secrète : ma sensibilité.
Ce recueil est mon manifeste.
J'ai longtemps cru que cette palpitation était une faiblesse, une fissure par où le vent de l'indifférence pouvait tout emporter. J'ai connu les matins où le vide prenait la forme exacte de ton absence, les nuits où le regret, tel un architecte méthodique, élevait des murs autour de mon cœur brisé. J'ai marché en homme qui avait oublié la langue de l'amour, ne connaissant plus que le silence des mots.
Mais dans cette béance, j'ai trouvé une vérité plus grande : la vulnérabilité n'est pas une faille, mais la seule porte d'entrée vers l'authenticité. J'ai appris que l'amour n'est pas une guerre à gagner, ni une couronne à mendier. Il est un don absolu, une porte qui s'ouvre des deux côtés ou reste close avec dignité. J'ai cessé de supplier pour exister, car j'ai compris que je suis un continent entier, souverain dans mes mers intérieures.
Aimer, c'est accepter de transformer le manque en maison. C'est savoir que chaque baiser est un adieu déguisé, et pourtant choisir l'intensité.
Je vous ouvre les nefs de ma cathédrale de chair et de lumière. Laissez-moi vous montrer comment, dans l'espace étroit de notre vie, entre le premier cri et le dernier soupir, le cœur brûle.
Parce qu'au bout du compte, l'amour véritable aura été plus grand que tout. Il aura été la seule preuve que, même éphémère, j'ai su, l'espace d'un battement, toucher l'infini.
Je suis. Et cela suffit.