Après Paris , voici New York , une anthologie des meilleurs poèmes de E. E. Cummings consacrés à la Grande Pomme.
Cummings a passé son enfance à Cambridge, dans le Massachussetts, et sa prime jeunesse à Boston. Il découvre en 1917, à vingt ans, New York, qui l'enthousiasme par sa vitalité et l'audace de ses gratte-ciel. Mais au début avril de la même année, il part comme ambulancier en France. Il ne s'installera vraiment qu'en 1923 dans une impasse de Greenwich Village ouest, à Patchin Place, un logement prêté par un ami, qu'il ne quittera plus. Le quartier est alors peu reluisant, avec ses clochards, ses marchands ambulants, ses bars clandestins et, jusqu'en 1927, une prison visible de sa fenêtre. Si Cummings s'est embourgeoisé, il reste dans son quartier, avec ses batisses de deux à quatre étages et ses minuscules squares aujourd'hui verdoyants.
C'est de chez lui que le poète observe et interprète la ville énorme qui l'entoure. S'intéressant aux individus plus qu'à l'architecture laissée en arrière-plan, il brosse des portraits plus qu'un tableau de la ville. Au milieu des années 1920, écrivant des articles plus ou moins ironiques pour le magazine Vanity Fair, il décrit quelques lieux phares, certains disparus ou transformés depuis. C'est l'occasion d'esquisser sa conception de la poésie et de l'art, où priment la vie, la mobilité et le refus des conventions sociales. Se méfiant du cinéma, il apprécie le cirque, le music-hall et, à partir de 1950, les spectacles de strip-tease.
Ce qu'il écrit sur les zoos anticipe d'un siècle l'approche actuelle du non-humain. Sa description de Coney Island où " le public est le spectacle " annonce celle de Warhol, voire Duchamp : " C'est le regardeur qui fait l'œuvre " (1965). Tout chez Cummings est attention : à la vie et à la lettre du poème : à de petites choses, même s'il admire l'énorme.