Le mot "racisme" est une arme symbolique redoutable employée dans les guerres idéologiques contemporaines : il sert à condamner une attitude, un camp coupable d'infâmie. Il s’ensuit que chaque forme d’antiracisme a sa définition du racisme. La nouvelle mode antiraciste, lancée aux États-Unis avant de déferler en Europe, consiste à voir du racisme partout et à tout expliquer par le racisme, qui se confondrait avec le fonctionnement de l’ordre social dans les « sociétés blanches ». De nombreux chercheurs en sciences sociales se sont ralliés à cette vision du racisme qui postule l’existence d’un « système de discrimination raciale » à travers lequel « se maintient la domination raciale ». Ceux qui, notamment parmi les activistes d’extrême gauche, postulent que la société française est « racialisée », c'est-à-dire organisée suivant une hiérarchie sociale favorisant le «privilège blanc», avancent l'idée d’un « racisme systémique » : nos sociétés, assurent-ils, démentent le modèle de l’universalisme républicain qui prône l’indifférence envers la « race » (en fait, la couleur de peau). En découle une vision politique qui remplace la négrophobie par la leucophobie – la haine et le rejet des Blancs. Cet ouvrage a pour objectif d'examiner ce retournement de l'argumentation racialiste contre les Blancs. Qu'en est-il, en réalité, d'un point de vue sociologique, historique et philosophique, du racisme systémique? S'appuie-t-il, comme le prétendent certains, sur un racisme d'Etat à peine masqué qui continuerait de nourrir les discriminations?