"La forêt est le lieu d'un peuple devenuInvisible. Peut-être est-il vrai que jamais,Aujourd'hui comme hier, il n'eut d'existence,Ce qui pourtant en aucun cas ne saurait êtreNi constituer une excuse suffisante,Acceptable pour quiconque a entendu : IlEtait une fois, c'est-à-dire hors du temps,Une fée, une bête, un roi, une reine, unPrince, un château dans les ronces au fond des bois,Taillé comme un diamant où dort une filleSur laquelle veille un loup devenu un saintPar le jeûne et l'abstinence, abattu d'un coupDe hache par un bûcheron, ressuscitéEt depuis conduisant les âmes dans la nuit."Vendredi 30 juin 2006.Le journal en sonnets de Robert Marteau (1925 - 2011) se poursuit par La Venue (années 2005-2006), huitième recueil de Liturgie (après Liturgie, Louange, Registre, Rites et offrandes, Le temps ordinaire, Ecritures, Salve). Outre son œuvre poétique, Robert Marteau est également l'auteur de nombreux écrits en prose – romans et essais – ainsi que de traductions, notamment de l’espagnol et de l’anglais.