Chandy écrit comme on marche sur un fil : entre pudeur et audace, entre vérité et reflet.
La Pucelle et la Putain est né d'un vertige entre le sacré et le charnel, entre l'impulsion et la crainte de s'abandonner. C'est le récit d'une femme en quête de réconciliation avec les hommes, avec elle-même, et peut-être, avec Dieu.
Charlotte n'est pas un modèle à suivre, ni une héroïne exemplaire. Elle défie les codes, traverse le feu de ses interdits, chute, se relève, recommence. Dans ce chemin, le plaisir devient un acte de grâce. La transfiguration trouve son passage par le corps, et lorsqu'il brûle juste, l'amour devient, peut‑être, le plus beau des sacrements.
À travers une voix féminine singulière, précise, pudique, parfois espiègle, le roman interroge les rôles qu'on lui assigne et ceux qu'elle s'invente pour survivre. Elle refuse de se laisser enfermer dans les masques imposés, qu'ils soient dociles, excessifs ou indomptables, et avance sans justifier, en mouvement, entre invention et mémoire.
Un style sensuel, ironique et incarné, qui gratte, éclaire, fait rire jaune et pleurer vrai. Une écriture qui ne s'excuse pas, qui ose, qui dérange, qui bouscule, mais qui n'oublie jamais l'humour, parfois tendre, parfois cruel, toujours lucide.
Roman d'émancipation, à la fois bouleversant et audacieux, La Pucelle et la Putain explore la liberté, le désir et les tabous qui tombent un à un. Il invite le lecteur à marcher aux côtés de Charlotte, à reconnaître peut-être un geste, une faille, une pensée, ou simplement à voir jusqu'où elle ira.
Une fiction? Peut-être. Une confession? Pas tout à fait. À chacun de lire entre les lignes.