Tokyo, automne 2024.
Dans la chambre d'une enfant de onze ans, une poupée de bois regarde le lit.
Aiko Nakamura parle la nuit. Puis le jour. Dans une langue que personne ne reconnaît - ni le médecin, ni la famille, ni les bases de données linguistiques de l'université de Tokyo. Le professeur Mori est appelé. Il écoute. Il transcrit. Il comprend que ce n'est pas une langue humaine : elle a été construite de toutes pièces, avec sa propre grammaire, sa propre phonologie, son propre temps verbal pour les choses inévitables.
Elle n'a pas de mot pour espoir.
Ce n'est pas un oubli.
Mori traduit. Les semaines passent. La possession d'Aiko progresse. Un moine est hospitalisé. Une assistante lit une page par accident et disparaît du projet sans explication. Et Mori comprend que huit traducteurs sont morts avant lui - sur deux siècles et demi - pour qu'il puisse, lui, lire l'ensemble.
Il est le neuvième.
Il traduit quand même.
Ce qu'il comprend n'est pas ce qu'il attendait.