En cette année 1891, Paul Kauffmann, grand reporter et artiste alsacien, séjourne sur les rives du bassin d’Arcachon. Curieux de connaître la vaste forêt qui s’étend au sud de la ville, il s’enfonce en son coeur et découvre tout un univers : celui des ouvriers résiniers et de leur famille. Il passe plusieurs semaines parmi eux, observant leurs coutumes, la rudesse du travail, la simplicité de leur mode d’existence. Il n’oublie pas, avec son remarquable talent,de dessiner la piñada et de réaliser des portraits de ses habitants.Véritable travail de journaliste, ce texte illustré est un formidable témoignage sur un métier qui finira par disparaître de la forêt landaise... un siècle plus tard.« Il nous fallait parcourir dans la grande forêt des routes etdes chemins à peine tracés au milieu des fougères, desgenêts et des pins grimpant à pic les dunes formées d’unsable fin et mouvant [...], rencontrant mille surprises aumilieu des paysages charmants formés par les lettes ouvallées, descendant, puis remontant encore à pic le flancd’un escarpement sablonneux, au sommet duquel noustrouvions une échappée de vue rapide et enchanteressesur le bassin d’Arcachon et l’océan. [...]Le nouveau, l’inconnu que je cherchais et que je désirais,je le vis apparaître sous la forme d’un bonhomme mince,petit, d’un aspect plutôt malingre,[...] sa main était arméed’une sorte de hache recourbée. C’était un résinier... »